Fuck yeah Gaspard Proust !

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Jésus était de gauche. Il disait quand y en a pour un, y en a pour deux. Vingt siècles plus tard Gaspard Proust a brillamment complété cette idée en rajoutant : quand y en a pour un y en a pour deux, mais moins.
Spectacle Gaspard Proust tapine

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Chic, le caustique comique débute au cinéma… Dans le premier film de Frédéric Beigbeder, Gaspard Proust se révèle aussi talentueux à l’écran qu’à la scène. L’occasion d’une rencontre tendrement grinçante.
ELLE. Pourquoi avez-vous dit oui à Frédéric Beigbeder ?
GASPARD PROUST. Nous avons pas mal de points communs, dont le menton et le nez. J’ai un plus grand nez, mais il me rattrape sur le menton. Finalement, nous nous équilibrons.
C’est facile de passer de la scène aux plateaux de tournage ?
J’étais un peu méfiant au début. J’ai lu et relu le scénario, et me suis dit que ce serait amusant d’être amoureux plus de vingt-quatre heures. État qui m’est bien plus familier. Ce n’était pas non plus inintéressant de jouer un petit poussin gentil. Puis il ne faut pas oublier que c’est un sujet très engagé, avec des problématiques qui touchent tout le monde : un mec qui quitte une bombe pour tomber sur une autre bombe, dont le premier livre est un carton et qui n’a manifestement aucun problème d’argent. Bref, chacun pourra s’identifier… Plus sérieusement, Frédéric a eu le courage de venir me chercher, alors que je n’avais jamais fait de cinéma et que c’était son premier film. En plus, il s’est vraiment bien débrouillé.
Pensez-vous que, comme dans le film, on peut séduire une fille en lui vomissant dessus ?
Si la fille est très vénale et si vous vomissez du caviar et du Dom Pérignon, tout est possible. Mais ma vie est assez éloignée de celle du personnage : je ne sors pas, je bois peu et je ne drague pas. J’attends que cela vienne. Je travaille « en latérale ». Je dois être une sorte de don Juan passif.
Le fait d’embrasser Élisa Sednaoui et de coucher avec Louise Bourgoin vous a-t-il incité à accepter le rôle ?
C’était la partie la plus difficile, je l’avoue. Mais dans mon contrat, malheureusement. Je n’avais pas le choix, d’autant que je jouais une scène très difficile où, en plus de coucher avec Louise, il fallait que je lui palpe les seins. Cela dit, c’est vrai, j’aurais pu tomber sur un casting plus agricole.
On dit beaucoup que vous êtes le comique qui ne rit jamais…
C’est sûr que, pour un comique, je suis un piètre représentant de l’hilarité que semble réclamer ce statut. Il y a cette phrase de Coluche : « On n’est pas responsable de la gueule que l’on a, mais on est responsable de celle que l’on tire. » Dans la mesure où je ne demande pas spécialement aux autres de me sourire, j’estime que je ne leur dois pas une quelconque réciprocité. De manière générale, je trouve les gens joyeux très suspects. Il y a quand même beaucoup plus de raisons d’être angoissé que de se fendre la gueule.
Vous jouez un héros romantique. Dans la vie, vous êtes quel genre de garçon ?
Je ne cherche pas vraiment à plaire aux femmes. Si on m’aime, il faut me prendre comme je suis. L’idée de devoir aller convaincre quelqu’un à coups de salamalecs, minaudant que je pourrais être le chaînon manquant entre la masturbation et son orgasme, m’est profondément étrangère. En fait, je crois plus à l’amour qu’au désir. Je ne suis pas du tout romantique au sens actuel du terme. D’ailleurs, les femmes ont deux rivales dans ma vie : le vin et la musique classique. Je me rappelle un dîner avec une fille arrosé d’un grand cru exquis. Eh bien, le lendemain, je me souvenais extrêmement bien du vin. Mon cœur battait. Pas du tout pour la fille.
Dans votre dernier spectacle, vous dites que c’est assez facile d’avoir une histoire avec une femme plus âgée qui ne travaille pas… Une expérience personnelle ?
Facile ? Certainement pas. Une expérience personnelle ? Oui. Sinon, j’aurais sans doute fanfaronné que ce fût simple.
Petit, vous faisiez rire votre famille ?
Non. Mais j’aimais beaucoup embêter ma mère. Lorsqu’elle était énervée et très en colère, j’étais pris d’un rire nerveux irrépressible. Cela la mettait hors d’elle.
Après vos études, vous avez travaillé dans une banque pendant deux ans, pourquoi avoir bifurqué vers une voie moins stable ?
J’ai tout d’abord voulu faire des études de lettres. Mais, pour mes parents, cela signifiait être prof, au pire écrivain, donc vivre dans un village perdu, être alcoolique et finir dans la fosse commune. Je suis devenu gestionnaire de fortune pour les rassurer. L’ennui m’a sauvé : je voyais mon chef faire des calculs tous les soirs pour savoir combien il toucherait à sa retraite. Je me suis imaginé trente ans plus tard : marié par dépit, deux enfants par bienséance, les vacances pour oublier l’échec, le chien pour palper de la tendresse. J’aurais adoré bander en suivant la Bourse, à la place j’ai fait une dépression. J’ai bifurqué.
Est-ce que votre seul point commun avec Jean-Marie Bigard, c’est d’être un comique de droite ?
C’est un débat très franco-français. Or, je vous ferai remarquer que je ne suis pas français. Je n’affiche pas mes opinions, donc je suis forcément catalogué de droite. Je souris parfois en songeant à cette hypocrisie des artistes dits « de gauche » qui, pour beaucoup, désiraient une candidature de DSK. Il faut les comprendre. Cet homme réconciliait si bien leurs deux élans contradictoires : une pensée de gauche avec un taux d’imposition à droite.
Le succès sur scène, un premier rôle dans un des films les plus attendus de 2012, que vous reste-t-il à faire ?
Vous faire l’amour. Puis vous quitter. Ne pas vous donner de nouvelles pendant dix jours, le temps pour vous de comprendre que c’est fini. Plus sérieusement, je ne sais pas. Peut-être que je vais terminer le livre que j’ai commencé il y a dix ans.
On vous aborde dans la rue ?
J’ai de la chance : je ne m’habille pas très bien, je n’ai pas un air très sympathique, donc je suis assez peu abordé. Quelquefois, je me dis que je dois impressionner. Ce n’est pas très grave, parce que je vis assez bien avec moi-même. Et puis toute relation est un petit surcroît de bonheur, pas une finalité. De toutes les manières, je n’aime que l’extase des débuts. Celle de la première odeur, de la première fois que l’on se prend la main, des premières lèvres… Enfin, j’espère que je n’ai pas trop déteint sur Frédéric Beigbeder.

Source (23/12/2011)

Chic, le caustique comique débute au cinéma… Dans le premier film de Frédéric Beigbeder, Gaspard Proust se révèle aussi talentueux à l’écran qu’à la scène. L’occasion d’une rencontre tendrement grinçante.

ELLE. Pourquoi avez-vous dit oui à Frédéric Beigbeder ?

GASPARD PROUST. Nous avons pas mal de points communs, dont le menton et le nez. J’ai un plus grand nez, mais il me rattrape sur le menton. Finalement, nous nous équilibrons.

C’est facile de passer de la scène aux plateaux de tournage ?

J’étais un peu méfiant au début. J’ai lu et relu le scénario, et me suis dit que ce serait amusant d’être amoureux plus de vingt-quatre heures. État qui m’est bien plus familier. Ce n’était pas non plus inintéressant de jouer un petit poussin gentil. Puis il ne faut pas oublier que c’est un sujet très engagé, avec des problématiques qui touchent tout le monde : un mec qui quitte une bombe pour tomber sur une autre bombe, dont le premier livre est un carton et qui n’a manifestement aucun problème d’argent. Bref, chacun pourra s’identifier… Plus sérieusement, Frédéric a eu le courage de venir me chercher, alors que je n’avais jamais fait de cinéma et que c’était son premier film. En plus, il s’est vraiment bien débrouillé.

Pensez-vous que, comme dans le film, on peut séduire une fille en lui vomissant dessus ?

Si la fille est très vénale et si vous vomissez du caviar et du Dom Pérignon, tout est possible. Mais ma vie est assez éloignée de celle du personnage : je ne sors pas, je bois peu et je ne drague pas. J’attends que cela vienne. Je travaille « en latérale ». Je dois être une sorte de don Juan passif.

Le fait d’embrasser Élisa Sednaoui et de coucher avec Louise Bourgoin vous a-t-il incité à accepter le rôle ?

C’était la partie la plus difficile, je l’avoue. Mais dans mon contrat, malheureusement. Je n’avais pas le choix, d’autant que je jouais une scène très difficile où, en plus de coucher avec Louise, il fallait que je lui palpe les seins. Cela dit, c’est vrai, j’aurais pu tomber sur un casting plus agricole.

On dit beaucoup que vous êtes le comique qui ne rit jamais…

C’est sûr que, pour un comique, je suis un piètre représentant de l’hilarité que semble réclamer ce statut. Il y a cette phrase de Coluche : « On n’est pas responsable de la gueule que l’on a, mais on est responsable de celle que l’on tire. » Dans la mesure où je ne demande pas spécialement aux autres de me sourire, j’estime que je ne leur dois pas une quelconque réciprocité. De manière générale, je trouve les gens joyeux très suspects. Il y a quand même beaucoup plus de raisons d’être angoissé que de se fendre la gueule.

Vous jouez un héros romantique. Dans la vie, vous êtes quel genre de garçon ?

Je ne cherche pas vraiment à plaire aux femmes. Si on m’aime, il faut me prendre comme je suis. L’idée de devoir aller convaincre quelqu’un à coups de salamalecs, minaudant que je pourrais être le chaînon manquant entre la masturbation et son orgasme, m’est profondément étrangère. En fait, je crois plus à l’amour qu’au désir. Je ne suis pas du tout romantique au sens actuel du terme. D’ailleurs, les femmes ont deux rivales dans ma vie : le vin et la musique classique. Je me rappelle un dîner avec une fille arrosé d’un grand cru exquis. Eh bien, le lendemain, je me souvenais extrêmement bien du vin. Mon cœur battait. Pas du tout pour la fille.

Dans votre dernier spectacle, vous dites que c’est assez facile d’avoir une histoire avec une femme plus âgée qui ne travaille pas… Une expérience personnelle ?

Facile ? Certainement pas. Une expérience personnelle ? Oui. Sinon, j’aurais sans doute fanfaronné que ce fût simple.

Petit, vous faisiez rire votre famille ?

Non. Mais j’aimais beaucoup embêter ma mère. Lorsqu’elle était énervée et très en colère, j’étais pris d’un rire nerveux irrépressible. Cela la mettait hors d’elle.

Après vos études, vous avez travaillé dans une banque pendant deux ans, pourquoi avoir bifurqué vers une voie moins stable ?

J’ai tout d’abord voulu faire des études de lettres. Mais, pour mes parents, cela signifiait être prof, au pire écrivain, donc vivre dans un village perdu, être alcoolique et finir dans la fosse commune. Je suis devenu gestionnaire de fortune pour les rassurer. L’ennui m’a sauvé : je voyais mon chef faire des calculs tous les soirs pour savoir combien il toucherait à sa retraite. Je me suis imaginé trente ans plus tard : marié par dépit, deux enfants par bienséance, les vacances pour oublier l’échec, le chien pour palper de la tendresse. J’aurais adoré bander en suivant la Bourse, à la place j’ai fait une dépression. J’ai bifurqué.

Est-ce que votre seul point commun avec Jean-Marie Bigard, c’est d’être un comique de droite ?

C’est un débat très franco-français. Or, je vous ferai remarquer que je ne suis pas français. Je n’affiche pas mes opinions, donc je suis forcément catalogué de droite. Je souris parfois en songeant à cette hypocrisie des artistes dits « de gauche » qui, pour beaucoup, désiraient une candidature de DSK. Il faut les comprendre. Cet homme réconciliait si bien leurs deux élans contradictoires : une pensée de gauche avec un taux d’imposition à droite.

Le succès sur scène, un premier rôle dans un des films les plus attendus de 2012, que vous reste-t-il à faire ?

Vous faire l’amour. Puis vous quitter. Ne pas vous donner de nouvelles pendant dix jours, le temps pour vous de comprendre que c’est fini. Plus sérieusement, je ne sais pas. Peut-être que je vais terminer le livre que j’ai commencé il y a dix ans.

On vous aborde dans la rue ?

J’ai de la chance : je ne m’habille pas très bien, je n’ai pas un air très sympathique, donc je suis assez peu abordé. Quelquefois, je me dis que je dois impressionner. Ce n’est pas très grave, parce que je vis assez bien avec moi-même. Et puis toute relation est un petit surcroît de bonheur, pas une finalité. De toutes les manières, je n’aime que l’extase des débuts. Celle de la première odeur, de la première fois que l’on se prend la main, des premières lèvres… Enfin, j’espère que je n’ai pas trop déteint sur Frédéric Beigbeder.

Source (23/12/2011)

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